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Alzheimer : tout savoir sur la maladie

Bien-être / Santé

21 mars 2019

La maladie d'Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative touchant principalement les plus de 60 ans. Alors que 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, le nombre de patients risque de doubler d’ici 2020.



MIEUX COMPRENDRE LA MALADIE

Qu’est ce que la maladie d’Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est une affection du cerveau qui entraîne la disparition progressive des neurones, provoquant essentiellement une altération de la mémoire et des facultés cognitives. Les premiers symptômes apparaissent généralement après 65 ans, avec des problèmes subtils d’inattention et d’impulsivité. Avec le temps, la destruction des cellules nerveuses peut cependant engendrer des troubles plus conséquents. En effet, la personne atteinte aura de plus en plus de mal à mémoriser, reconnaître les objets et les visages mais aussi réaliser des tâches motrices fines telles que l’écriture et l’habillement. 

D’un point de vue scientifique, le cerveau du malade subit un double processus de dégénérescence et d’inflammation. Des lésions bien particulières y apparaissent et détruisent les cellules nerveuses, en commençant par celles de l’hippocampe. Lesdites lésions sont notamment dues à une production excessive de protéines bêta-amyloïdes, entraînant la formation de plaques séniles en dehors des neurones. Une déformation des protéines Tau est également observée, ce qui provoque des enchevêtrements anormaux des cellules nerveuses. 

Notons que la maladie d’Alzheimer touche environ 1% des personnes entre 65 et 69 ans, 20% des personnes ayant 85 à 89 ans et 40% des personnes âgées de 90 à 95 ans. 

Quels en sont les causes et les facteurs de risque ?

Jusqu’à ce jour, les causes exactes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas encore connues, à l’exception des anomalies dites familiales qui ont pu être clairement identifiées. Plusieurs facteurs de risque ont néanmoins été suspectés de contribuer au développement de cette affection. 

  • Le vieillissement

Il s’agit du principal facteur de la maladie d’Alzheimer. En effet, il a été prouvé que cette pathologie n’apparaît généralement que chez les personnes ayant plus de 65 ans. Cela ne signifie pas pour autant que les individus moins âgés en sont immunisés.

  • La génétique

Certaines personnes sont plus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer que d’autres. Des chercheurs ont en effet découvert qu’un bon nombre d’individus atteints par cette affection sont porteurs du gène Apolipoprotéine E4 ou ApoE4 et du gène SORL1. 

  • L’hérédité

Dans de rares cas, la maladie d’Alzheimer se présente sous des formes héréditaires. Dans ce cas de figure, les premiers symptômes peuvent apparaître avant la quarantaine. Il est à noter que seules 800 familles dans le monde sont aujourd’hui répertoriées comme ayant la maladie d’Alzheimer dans sa forme héréditaire.

  • Les maladies cardiovasculaires

D’une manière générale, on peut dire que l’hypertension artérielle est l’un des facteurs de risque principaux de démence. Et selon certaines hypothèses, la maladie d’Alzheimer pourrait même être une maladie vasculaire plutôt que neuro-dégénérative. Si l’on se fie à ces théories, elle aurait été les conséquences d’une hypoperfusion cérébrale et d’une mauvaise irrigation du cerveau. 

  • Le diabète

Certaines maladies métaboliques telles que le diabète constituent aussi des facteurs de risque. En effet, des études ont montré que les diabétiques sont deux fois plus susceptibles d’être atteints par la maladie d’Alzheimer ou la démence vasculaire que le reste de la population. 

  • Les médicaments

Il a également été démontré que certains éléments médicamenteux, plus particulièrement ceux qui sont contenus dans les anxiolytiques et les somnifères, peuvent augmenter de 20 à 50% les risques de développement de la maladie d’Alzheimer. Et rappelons-le que l’Hexagone est un pays de forte consommation de ces produits.

Comment cette maladie évolue-t-elle ?

La maladie d’Alzheimer s’attaque en premier lieu à l’hippocampe, la zone mémoire du cerveau. Durant cette phase, les capacités du patient à mémoriser sont légèrement diminuées. Ce dernier aura des oublis bénins de noms ou d’événements récents, tout en éprouvant quelques difficultés à assimiler de nouvelles informations. Au fur et à mesure de l’avancée de la maladie, d’autres régions du cerveau vont cependant être affectées. 

Une fois le cortex atteint, le patient présentera des troubles des gestes, du langage et de la reconnaissance. En effet, il aura de plus en plus du mal à coordonner et à planifier ses mouvements, à s’exprimer clairement et à identifier une personne ou même un objet. On pourra également remarquer des changements d’humeurs et de comportements. A un stade plus avancé, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer auront même besoin d’une assistance pour exécuter leurs tâches quotidiennes. Une fois que leurs facultés cognitives et fonctionnelles seront lourdement touchées, elles n’arriveront plus à magasiner, s’habiller, prendre un bain ou faire leur toilette.

Durant le dernier stade de la maladie d’Alzheimer, le patient finit par être complètement dépendant d’un tiers. Il devient incapable de communiquer verbalement, de prendre soin de lui-même et encore moins de se rappeler des événements. C’est dans ces moments-là qu’il a plus que jamais besoin d’une assistance quasi-permanente.

Comment diagnostiquer la maladie d’Alzheimer ?

Jusqu’à présent, aucun examen biologique ni radiologique du cerveau ne permet d’affirmer avec certitude qu’on a bien affaire à la maladie l’Alzheimer. Cependant, il est possible de poser le diagnostic une fois que la démence a été confirmée et que les autres hypothèses ont été écartées grâce à des examens complémentaires. Pour savoir si un individu est bel et bien atteint par la maladie d’Alzheimer, il faut donc passer par un diagnostic auprès d’une équipe pluridisciplinaire.

Le bilan neuropsychologique

En principe, ce procédé permet d’évaluer les troubles cognitifs du patient en faisant appel à toute une panoplie de tests basés sur l’interrogatoire. Il s’agit-là d’une méthode efficace pour détecter les symptômes au plus tôt. A noter que les tests sont adaptés au niveau socio-culturel de chaque patient.

  • Le test de Folstein : ce test comprend 18 questions ou tâches qu’il faut réaliser en une quinzaine de minutes. Il y a suspicion de démence lorsque le patient a un score inférieur à 24 sur 30.
  • Le test Codex : réalisable en trois minutes, ce test fait intervenir la mémoire, les fonctions exécutives, les praxies visuo-spatiales et l’attention. Il est généralement prescrit lorsque le patient montre des difficultés à mémoriser ou autres symptômes de démence.
  • Le test de l’horloge : cette épreuve consiste à présenter au patient un cercle avec un point central, censé représenter le cadran d’une montre. On lui demande ensuite de représenter une heure précise sans lui indiquer qu’il faut dessiner les aiguilles. Il aura deux minutes pour faire son dessin. La moindre erreur à ce test est pathologique.
  • Le test des 5 mots de Dubois : il s’agit d’un test qui permet d’évaluer la mémoire du patient en lui faisant retenir puis classer cinq mots dans différentes catégories.

Pour une évaluation cognitive plus approfondie, d’autres tests peuvent être réalisées en milieu spécialisé, en l’occurrence celui de Gröber et Buschke pour explorer la mémoire, celui de Stroop pour l’attention ou encore le test de dénomination pour explorer le langage.

Les tests complémentaires

En cas de confirmation ou même de suspicion de démence, divers examens doivent être menés pour permettre de savoir s’il s’agit bien d’un cas d’Alzheimer ou d’une autre pathologie : 

  • L’imagerie cérébrale : l’IRM et le scanner permettront d’avoir un aperçu de l’aspect et du volume des structures cérébrales, indispensables pour diagnostiquer les autres affections du cerveau
  • L’examen neurologique : ce procédé a pour objectif de rechercher des anomalies du système nerveux (troubles oculomoteurs, de la marche, de l’équilibre, etc.) qui peuvent expliquer les symptômes du patient
  • Le bilan médical global : il s’agit d’un ensemble de méthodes visant à écarter toutes les perturbations de l’état de santé du patient qui pourraient favoriser sa confusion mentale

Traitements et prise en charge  

A l’heure actuelle, aucun traitement curatif ne permet de guérir de la maladie d’Alzheimer mais certaines prises en charge médicamenteuse peuvent ralentir l’évolution des troubles. En complément de ces traitements, une prise en soin non médicamenteuse s’est notamment développée. Quatre types de médicaments agissent en empêchant la destruction des neuro-transmetteurs qui transportent l’information d’un neurone à l’autre… Mais avant 1995, il n’y avait rien ! Il a été montré une efficacité dans 40% des cas. Le plus souvent, on observe un ralentissement dans l’évolution de la maladie et une diminution de certains troubles du comportement mais ces médicaments comportent parfois des effets secondaires tels que des troubles gastro-intestinaux, des crampes musculaires ou des bradycardies. 

Les stratégies non-médicamenteuses, elles, font aujourd’hui partie intégrante de la prise en charge thérapeutique de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Leur objectif ? Préserver le plus longtemps possible ses capacités restantes et ainsi améliorer sa qualité de vie. Elles consistent globalement à adapter l’environnement de la personne malade et à développer une approche psycho-sociale spécifique. On peut opter pour des ateliers à médiation artistique, corporelle, cognitive ainsi que pour un soutien psychologique. Les approches thérapeutiques non-médicamenteuses peuvent être mises en œuvre aussi bien à domicile qu’en institution. En effet, malgré les symptômes, nombre de malades et d’aidants optent, dans les premières années, pour le maintien à domicile moins perturbant pour le patient. 

Des solutions de téléassistance sont très souvent mises en place pour soutenir l’aidant. A noter que les maladies neuro-dégénératives constituent un défi pour notre système de santé et la politique de recherche, en France comme à l’international. 

Le plan 2014-2019 concerne l'ensemble des malades atteints d'Alzheimer, de Parkinson, de sclérose en plaques et est élargi à l'ensemble des maladies neuro-dégénératives. Il comporte quatre axes stratégiques : soigner et accompagner tout au long de la vie et sur l’ensemble du territoire, favoriser l’adaptation de la société aux enjeux des maladies neuro- dégénératives et atténuer les conséquences personnelles et sociales sur la vie quotidienne, développer et coordonner la recherche sur les maladies neuro-dégénératives et enfin faire de la gouvernance du plan un véritable outil d’innovation, de pilotage des politiques publiques et de la démocratie en santé.

Il est indispensable de rappeler que malgré l’existence de nombreux traitements, la maladie d’Alzheimer reste irréversible. Il semble donc évident que les personnes qui développent cette affection ont besoin d’une assistance particulière et du soutien inconditionnel de leurs proches !  



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